Disparition (nouvelle farfelue)

Il est apparu aux alentours de la mi-novembre qu’un paquet, envoyé autour du 14 octobre 2009, simultanément avec un autre colis, destiné lui à l’ex-royaume-nouvelle-république polonaise, arrivé à destination quelques semaines – le chiffre exact serait de deux – seulement – nous parlons d’un pays nouvellement capitaliste et anciennement communiste, et sans connotation politique, mais avec une appréciation historique et économique, un jugement de la sorte peut-être porté – serait porté disparu à la fois par l’envoyeur, le destinataire, et l’ensemble des bureaux de Poste de la ville tchèque de Brno, y compris l’entrepôt colissimal situé au sud de la ville, exploré par le (potentiel) receveur, après une marche de vingt-cinq minute dans le fossé au bord d’une route industrielle, accompagnée d’une traductrice slovène parlant le tchèque – aussi utile pour payer parfois, mais ceci ne concerne pas l’histoire.

Au regard des circonstances mystérieuses de cette disparition, la tâche fut confiée a un scientifique de renom, le professeur Georges Schnurrbart von Koteletten, Docteur ès Aime , Agrégé de Philologie Texane, Docteur en Mécanique des Métaux, en plus d’une Maîtrise en Histoire de la BDB (Bande Dessinée Belge) – son mémoire sur la Dodécacophonie Schtroumpfique, ou en langue sud-schtroumpf, la Schtroumpf Schtroumpfique, a révolutionné la vision de ces petits bonshommes bleus à bonnet – et d’un Master Pro Evolution Soccer 4 sur Playstation 1, 2, mais pas 3, car également Licencié de chez Renault – la crise, encore elle – mais possédant cependant son Flocon des Neiges, de retrouver les causes de cet évènement sans précédent dans la presque-encore-neuve tchèque république.

Financée par le service postal grec, la très sérieuse Hellenic Post, qui éventuellement aurait aperçu le dit paquet quelque part entre le 23 octobre 13h22, et le 22 octobre 19h72, mais il est possible que leur système informatique les ait trompés; le Centre National de la Recherche Scientifique, qui n’a rien à voir dans l’affaire, mais aime bien fourrer son nez dans toutes les recherches odorantes ou non – nous ne sommes pas encore certains de la contenance du paquet, mais provenant de France, on ne sait ce qu’ils pourraient y avoir mis; la Central Intelligence Agency, qui de toute façon fourre son nez, son museau et ses pattes avant dans toutes les affaires louches – on l’aurait même vue impliquée dans la disparition d’une cuillère en bois de la bouche d’un bébé afghan ; l’Etat Slovaque, qui aime son voisin et ex-mari, mais le déteste tout autant et le jalouse secrètement pour sa culture, sa capitale et sa bière, et serait ravi de démontrer l’inefficacité de leur système postal, pour pouvoir importer leur système breveté de pigeons voyageurs high-tech et incontinents – ceci pour augmenter les ventes d’un nouveau lave-glace révolutionnaire ; et enfin l’Association pour la Sauvegarde des Ecureuils et des Cornus-à-barbe en Ouzbékistan, qui se trouvait là par hasard, et dont les fonds ont été réquisitionnés, mais qui finalement n’est pas sans rapport, puisque derrière ce nom crapuleux se cache une dangereuse organisation terroriste qui rempli les fontaines de lessive et créé des attentats mousseux dans toutes les anciennes républiques soviétiques.

Les recherches furent étonnamment rapides, incertaines mais fructueuses. Après maintes et moultes tentatives de liaison des différents éléments de l’enquête, on peut à deux kilomètres, trois cent vingt-deux kilos, quatre heures, treize chinois et un arbre près, décrire l’enchainement des évènements qui ont amené à la disparition du dit-colis : tout commence en Chine, le 2 septembre 2007, dans la province de Guiyang, dans le petit village de Kongshuichong ; c’était un jour fumeux, brumeux, et Tchang ne voyait rien dans sa rizière ; marchant dans une bouse de buffle, il s’écria : « Merde ! », ou plutôt «  » comme on dit chez lui, et se prenant l’autre pied dans un panier de riz fraichement – il faisait aussi très froid – cueilli, une partie de la bouse s’y répandit par projection cinétique – explication formulée par le professeur Georges Schnurrbart von Koteletten ; dans la pénombre, il rentra chez lui fâché, et versa le contenu du panier avec les autres récoltes ; le lendemain, une panne de la draineuse de l’usine rizicole cantonale empêcha un tri pertinent des grains, et le panier de Tchang fut mélangé à des milliers d’autres Tchang, Yi, Chong et autres Paul –il y avait dans ce village des immigrés français, vieux routards perdus dans ces montagnes, et condamnés à travailler dans ces champs jusqu’à la fin de leur vie pour consommation d’informations illégales, à savoir un magazine Playboy de 1973, édition américaine ; le mois suivant, les transports ayant été très mauvais en raison de fortes pluies, les sacs de riz arrivèrent dans les foyers chinois privilégiés à Beijing, Shanghai et Hongkong ; quelle ne fut pas la surprise des consommateurs en découvrant cette nouvelle saveur dans leur riz ; en deux semaines, les transports du retour s’étant mieux déroulés suite à un nouveau financement extraordinaire, les commandes de ce riz explosèrent ; tout le monde voulait ce nouveau riz à la mode, ce goût inoubliable ; le processus classique de l’économie keynésienne, appelée là-bas marxienne, Keynes n’étant pas au programme, se déclencha ; en deux mois, toutes les plantes du pays se mirent à produire ce nouveau riz, dont l’élément principal avait été découvert, mais gardé secret et appelé, par pur souci de marketing, herbe de buffle ; l’offre augmenta peu, la nature gardant contrôle de ses ressources, mais la demande ne cessait de croitre ; Cqfd : les prix donc s’envolèrent, en Chine, mais également dans les pays limitrophes, où la mode s’était étendue, et notamment en Mongolie ; depuis la mort de Gengis Khan en effet, les mongols avaient du mal à résister à la tentation chinoise ; en quelques mois, de nombreuses familles dans ces pays devinrent incapable de s’offrir ce luxe qu’est le riz à l’herbe de buffle, et les marchés en étaient submergés ; c’est le cas de la famille Kubilay, qui vivait dans les environs perdus de Dalanzadgad ; le père comme la mère étaient fiers de leur douze enfants, trois chevaux et cinq chiens, mais moins de leur travail, inexistant ; après quelques semaines de diète, les chevaux devinrent cannibales, et l’un d’eux parti à la retraite dans les steppes pour décharger sa famille de son poids, qui n’était plus bien élevé, mais quand même ; l’un des chiens, Tartaka – c’est quand ridicule pour un chien d’avoir le nom du fromage le plus célèbre de cette région, du moins depuis que quelques marketers en ont décidé ainsi, selon une étude de marché basée sur un échantillon de moines diabétiques et syphilitiques, dans un monastère du Laos – était le préféré de la petite dernière ; son père, préférant ne pas le sacrifier pour le prochain repas de la famille, l’abandonna le long de la grand route lors d’une prétendue balade dominicale – il était incapable de connaître le nom du jour, peut-être était-ce un lundi, ou un jeudi ; le pauvre Tartaka, loin de foyer, perdu, triste, voulut pleurer, mais sa fierté de chien l’en empêcha ; il se contenta de marcher le long de la route ; reniflant quelques fleurs sur la route, de leur nom scientifique Papaver somniferum – note du professeur Georges Schnurrbart von Koteletten – autrement appelée fleur d’opium, il fut pris d’une frénésie nouvelle, et se mit à marcher sur la route ; revenant des mines de nickel, le camion 23 de la Compagnie Nationale des Transports Mongols –un nom bien pompeux vu l’état du véhicule qui roulait à ce moment là – venait en sens inverse, le chauffeur étant mort ivre quelques centaines de mètres avant, le pied toujours sur l’accélérateur ; Tartaka, n’écoutant que son courage et sa bêtise, se jeta sous les roues du camion pour l’arrêter ; par chance, le copilote du camionneur se réveilla, et eu à ce moment précis l’instant de lucidité de sa vie : tirant le volant à lui, il fit une embardées qui sauva la vie du chien, et éjecta hors du camion l’alcoolique notoire – on ne sait lequel des deux était le plus une épave – lui attribuant d’office la place de conducteur attitré, en éjectant seulement une pièce de son chargement, qui atterrit sur la tête du chien, achevant la clairvoyance de la pauvre bête  ; il poursuivit en ligne droite la route jusqu’à l’usine de réfrigérateurs Mempafroa, à Hnivan, en Ukraine – ce qui fut un peu difficile lors du passage de la mer Caspienne ; le nickel était utilisé dans cette usine pour fabriquer les pièces servant à soutenir la base des réfrigérateurs, en quelque sorte les pieds ; mal payés, les ouvriers se contentaient de faire ce qui leur était demandé, ce qui était déjà pas mal ; lorsqu’un frigo sortit de l’usine avec un pied en moins, il n’y en eu pas un pour s’en étonner, et surtout pas Vladimir, membre secret de l’ASECO, qui projetait de commettre un des attentats qui les ont rendus célèbres ; heureusement il existait à l’ouest du pays un supermarché qui vendait tous les produits défectueux produits à l’est du Danube – imaginez une seconde la taille des bâtiments ; les services postaux tchèques, en manque de ressources, comme à peu près partout dans le monde, sauf peut-être en Suède, et encore, mais ayant besoin d’un réfrigérateur, entendirent parler de cette grande surface des imperfections, et se dirent qu’après tout, un réfrigérateur reste un réfrigérateur, même si ce n’est pas un Frigidaire™&© ; la Česká pošta de Brno numéro 3, située sur Křížová 96/18, ayant réclamé un nouveau frigo dans le cahier des doléances de mars 2001, se vit offrir cette magnifique œuvre d’art à double porte, quadruple tiroirs et sextuple étagères, lumière automatique à l’intérieur et à l’extérieur, et trois pieds ; heureusement, dans son arrivage de la semaine arriva une foule de colis, dont une quantité certaine – impossible cependant d’avoir la certitude sur le chiffre, une bonne partie semblant ne jamais arriver – à destination de la résidence étudiante pour les étrangers ; saisissant l’occasion devant un tel nombre de tailles différentes, Vaclav Svoboda, manager responsable et aimant des employés de cette antenne, pris le temps de choisir lequel serait le mieux placé pour remplacer la pièce de nickel ; le lecteur aura ici compris que le paquet en question était celui destiné à la chambre 12, bloc A1, Vinarska 5, 60300 Brno.

Notre très cher professeur, dans l’exercice de sa science, se basa sur la théorie du Chaos, selon laquelle un battement d’aile de papillon dans les montagnes de Belgique provoquerait une tempête au large en mer Morte, et sur la réciprocité des évènements en mathématiques, pour proposer la résolution du problème : il suffirait de supprimer la base du problème pour inverser le processus, et que tout rentre dans l’ordre – le dit professeur pensait aussi à y rentrer – en remontant la démonstration ci-dessus. Une expédition punitive fut donc organisée pour éliminer Tartaka, qui apparait comme le coupable irresponsable le mieux désigné pour laver les mains des vrais humains, responsables – mais nous savons tous que les mains des vrais travailleurs tel que Tchang. On essaya d’engager un tueur professionnel dans l’affaire, mais Charles Manson était en prison, Mark Chapman en pleine lecture de « L’Attrape-Cœur « , Chuck Norris en vacances aux Baléares, Jack l’Etrangleur toujours mort et par ailleurs inconnu, et le gros Lebowski défoncé aux amphétamines acitélaminiques. Notre désormais héros, Georges Schnurrbart von Koteletten, fut donc à nouveau désigné pour comettre l’assassinat de Tartaka. La CIA joua son rôle et fournit tout le matériel nécessaire à l’opération : un couteau suisse, un sifflet d’urgence en PVC ultra résistant, une pomme, une boussole, et une carte de Manhattan. Les autres partenaires ajoutèrent au bagage une éprouvette, un paquet de lessive St Marc ultra moussante, un timbre à l’effigie d’Aristote et une croix slovaque– au lecteur d’associer l’objet avec la bonne organisation. Notre docteur piémont – car il l’était, hormis le fait que son père austro-flamand, Gerbert Schnurrbart von Koteletten, se maria avec mademoiselle Aïcha Spanoulos, qui comme son nom ne l’indique pas est d’origine finlando-écossaise – se fit une joie de pouvoir revisiter la bible lorsqu’il rencontra dans les collines caucasiennes – du moyen croyait-il y être selon sa carte – un chien d’apparence banale, mais qui tourna la tête au nom Tartaka – ce qui en caucasien ancien signifie : « manger ». Notre ami n’en fut que rassuré, et s’armant de son arme à peine blanche, il s’apprêtai à réparer l’erreur du meilleur ami de l’homme, mais celui protesta. « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère », et d’un coup de la petite lame, il l’égorgea, ou plutôt essaya, puis utilisa la scie à métaux, les ciseaux coupe ongle, un instant même la loupe, mais le soleil n’était pas très coopératif, et finalement un bon coup de ses Rangers dans la gorge de la bête, qui déjà pauvre n’avait carrément plus rien pour elle. Afin de parfaire son œuvre, et par souci de professionnalisme, il utilisa les neuf autres fonctions de son couteau. Le corps n’étant pas rapportable, il pris une photo – la dernière fonction de son finalement utile gadget – et l’envoya par satellite pour preuve de son travail, vite fait, bien fait.

Finalement, qu’arriva-t-il ? Les chinois consommaient toujours du riz, et même si tous les chiens du la famille Kubilay étaient morts entre temp, les mongoliens conduisaient toujours leur camion en buvant sans modération, et le nouveau chauffeur buta contre le corps de son prédécesseur ; six pièces tombèrent cette fois ci du camion, et deux frigo ne purent être assemblées convenablement ; la poste réussit à réduire son budget grâce au fantastique supermarché ; et finalement certains colis n’arrivent pas toujours à destination dans la résidence de Vinarska.

La morale : qui aujourd’hui se soucie de Tchang, qui a marché dans une bouse de buffle ?

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