L’explosion-exploration rock – Bob Dylan à la Cité de la Musique

Sur les murs de la Cité de la Musique depuis quelques mois, les premières années de la carrière de Robert (Bob) Zimmerman (Dylan) s’affichent en photos, textes et films, et posent les bases, de 1961 à 1966, de tous les éléments de la culture rock telle qu’on la connait aujourd’hui dans les magazines, la mode, la culture, la vie.

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L’exposition s’ouvre sur les photos en noir et blanc de Dave Kramer, dont on (re)connait de nombreux clichés, aperçus dans chaque article retrospectif accompagnant une nouvelle date de Bob Dylan, ou qu’on retrouve en écho dans beaucoup (la plupart) des photos de groupe de rock.

Les postures, seul ou en groupe, les instruments, les vêtements – chemise blanche, veste, pantalons et boots noires – sont entrés par ces instantanés comme autant d’éléments de la rock culture, et si la paternité de leur utilisation est discutable – la récupération des (bonnes) idées dans la culture est un long débat, inspiration ou copie? – ce sont indubitablement ces images auxquelles on pense en regardant les campagnes de marque de parfums, de voiture ou de téléphone.

La pub s’est aussi tournée vers l’outil de la vidéo, et là encore, en regardant « Don’t Look Back », on ne peut s’empêcher de penser que D.A. Pennebacker créé les bases du rockumentaire, et d’un imaginaire complet: un subtil mélange de passages live – dans les plus grandes salles ou en festival -, interviews, moments volés à l’artiste.

Car ce que Dylan et d’autres font découvrir dans les années 60, ce sont les éléments d’une vie alternative, un vie rock, à la scène comme à la ville, et notamment dans la vie de couple. En ce sens, le choix des années 61 à 66 est particulièrement pertinent pour Dylan, car elles le montrent des premiers pas hésitants du jeune premier idôlatrant son icône – Woodie Guthrie – à la prétendue assurance construite sur un succès planetaire, rêvelant les faiblesses de l’homme face à son ego et sa vie personnelle. La fin est presque métaphorique, l’accident de moto qui aurait pu être fatal et offre au blessé l’occasion de se reconstruire auprès de sa famille dans la tranquilité d’une vie à la campagne.

Il refusera dans cette optique de participer à la grand messe du mouvement hippie qu’il a participé malgré lui à construire, quand les organisateurs du plus important festival choisissent la ville de sa retraite comme terrain de contestation – Woodstock. Lui qui quelques années plus tôt, le 11 Août 1963, chantait lors de la « March On Washington for Jobs and Freedom » , celle-là même où Martin Luther King prononcera son discours le plus célèbre. Rock’n’roll attitude.

Post-scriptum: en bonus de l’exposition, la Cité de la Musique présente une section sur « Bob Dylan et la France ». Cette vision nombriliste – comme savent si bien le faire les français – étend sur dix panneaux les trois ou quatre moments passés par nos gloires locales avec Dylan. Certes Dylan a écrit un poème pour Françoise Hardy – sur le dos de la pochette « Another Side of Bob Dylan » – et Hugues Aufray a pu discuter avec lui de la transcription française de « Blowing in the Wind » – horrible non?, mais dans ces années-là, la France n’est rien de plus pour Dylan qu’un pays de plus dans sa longue tournée.

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