Queima das Fitas: une introduction aux traditions académiques (et festives) de Coimbra (Portugal)

Pendant qu’en France s’étripent pour quelques jours encore les troupes de deux derniers candidats à la présidentielle, une autre bataille se prépare à Coimbra (Portugal), où le week-end sera partagé entre un festival de traditions et un festival moderne de musique comme on en voit partout dans le monde – à plusieurs détails près.

L’une des plus anciennes en Europe, l’Université de Coimbra est le berceau de traditions tout autant ancestrales, qui perdurent malgré la mondialisation de la culture et les échanges universitaires.

La vie académique est ainsi rythmée par la « Festa das Lata » (Fêtes des Canettes) pour introduire l’année, et « Queima das Fitas » (Brûlage des Rubans) pour clore la période universitaire. Un code d’une centaine de pages définit précisément différents rites et coutumes, dont la Praxe » (bizuthage) et les conditions du port de l’uniforme – tailleur ou costume trois pièces et cape noires.

 

Au delà de ces traditions, ces fêtes sont aujourd’hui devenues de véritables festivals musicaux, réputés pour écouler autant de litres de bière qu’à Munich en octobre. Les deux principales marques de bière portugaise sont d’ailleurs les sponsors principaux des concerts.

Aux côtés des « tunas », formations étudiantes traditionelles (ci-dessus), se succèderont ce week-end gloires locales et nationales (We Trust, Paus, X-Wife, Steve Aoki, Supernada, Quim Barreiros, …), ainsi que des célébrités internationales (the Hives, Wraygunn – un natif de Coimbra, …).

Une scène alternative est dressée à l’autre bout de la « Praça da Canção » (Place de la Chanson), dont la programmation plus pointue est mise au point par Radio Universidade de Coimbra; radio étudiante donc, au rayonnement bien plus important que son nom laisse imaginer. Outre les DJs maison qui font danser dans tous les clubs ici dignes de ce nom (João de Almeida, Casal Boss, Afonso Macedo, André Tejo, Viuva Escarlate…), on y trouvera dans le désordre les rockeurs bordelais Mars Red Sky, les excellents Throes + the Shine ou les très doués Sensible Soccers. Il y aura également du hip-hop avec DEAU, l’électro de l’anglais Lil Silva ou le dubstep de Joker, from Bistol please.

En attendant, c’est la tradition qui ouvre le bal. Tout le (beau) monde étudiant s’est retrouvé hier soir pour la traditionnelle « Monumental Serenata » (Sérénade Monumentale): 10 000 personnes de capes vêtues ont écouté une heure et demie de « fado » portugais – pléonasme – au pied de « Sé Velha » (la Vieille Cathédrale).

Dans cette atmosphère de « saudade », concept intraduisible entre mélancolie, tristesse et joie, les voix – masculines – chantent l’esprit de ces jours: souvenir des moments passés, envie de profiter du présent, et espoir de jours encore meilleurs.

Un sentiment que la folie moderne saurait altérer? Réponse dans une semaine.

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