24 heures de fièvre du samedi soir (2/2 – Jour) @ Queima das Fitas

Après une longue nuit, la fête n’est pas terminée, car le dimanche est le théâtre d’un concentré de traditions, un peu oubliées la veille.

Quelques heures de sommeil plus tard, Queima das Fitas est là, au sens propre: le brûlage des rubans. Ils sont peu à voir le réel cérémonial, où les étudiants s’avancent vers un chaudron-pot de chambre, dans lequel se consumme leur ruban de couleur, comme signe de la fin des études. Un moment après, les rues se remplissent pour le « Cortejo » (Cortège), qui s’élance à 14h, non 15h, 16h, finalement 17h, de l’Université, nîchée sur la colline qui surplombe la ville.


Moment fort et symbolique de Queima das Fitas, le « cortejo » voit tous les (futurs) diplômés défiler sur des chars qu’ils ont décorés de papier crépon pendant l’année. Environ une centaine défilent le long de l’ancien viaduc, descendent l’avenue principale vers la ville basse, avant de longer la rue piétonne jusqu’à « Portagem » – l’ancienne entrée de la ville, au bord de la rivière (Rio Mondego), où se déroulent les concerts.

On rencontre Jonathan, franco-portugais dont la mère est de Coimbra. Il a choisit pendant son année Erasmus de suivre les traditions de l’Université, afin de pouvoir vêtir l’uniforme complet. « Ca va être dur de rentrer en France, ici la ville vit avec les étudiants, on sent quelque chose, il y a les parents, les grands-parents« . Après l’avoir été baptisé en octobre pendant « Latada »,  sa marraine lui a refermé la cape autour du cou pour la première fois lors de la « Sérénata Monumental » de jeudi dernier.

La foule, ceux d’hier soir et leurs proches, picolent en plein après-midi sous un beau soleil. L’alcool en famille n’est pas une exception culturelle française, ni les open-bars. Les chars distribuent jusqu’à épuisement des stocks nombre de beuvrages sponsors – comme dans les événements de nos meilleures écoles de commerce ou d’ingénieur. Quelques incidents surviennent: quatre ou cinq chars prennent feu, les sirênes des ambulances résonnent au gré des comas éthyliques. Mais tous savent à quoi s’attendrent, chacun semble prendre ses responsabilités, ou accepte sans broncher, car l’université est trop importante pour la ville.

Des Erasmus du premier semestre sont revenus spécialement pour cette semaine, dont tout le monde parle depuis des mois. Catarina et Sofia, toutes deux étudiantes à Lisbonne, veulent aussi voir de près ces festivités. Elles sont drapées de leurs propres capes, car à Lisbonne ou Porto, les traditions existent également, même si elles n’atteignent pas cette ampleur. La palme des costumes revient cependant aux « finalistas » (diplômés), comme ces trois jeunes filles, coiffées du haut de forme et arborant noeud papillion et cocarde de rigueur – avoir trouvé deux blondes sur trois relève d’un hasard non représentatif de la population.

A leur arrivée à « Portagem », les décorations chars sont brûlées comme les rubans. Les brebis, désormais égarées dans la vie active, se reposent au bord de la rivière. Elles dorment enveloppées dans leurs capes, pour se réveiller quand les enceintes du concert s’allument. Et c’est reparti pour un tour …
Pour d’autres, la fête ne fait que commencer, il est sept heures du soir et les camions-balais entament un autre ballet.

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