Les premières heures de la semaine @ Palco RUC // Queima das Fitas 2012

Après 24h de « festa » non-stop, autant dire qu’on s’attend à une chute de la fréquentation des scènes. Il n’en est rien, cette nuit sera encore plus longue que les autres.

On a quitté les étudiants endormis sur les berges du fleuve, pour aller dormir un peu également, et manger « Bacalhau Abras », la fameuse morue portugaise, cuisinée avec des oignons, des oeufs et des chips en allumettes. Un vrai régal. On sort pour prendre un café et quelques bières dans un des cafés typiques de la ville. Avant de redescendre tester l’atmosphère de fin de week-end…

Comme une chanson populaire …

Les étudiants attendent avec impatience un certain Quim Barreiros. Ce chanteur populaire portugais, célèbre pour sa moustache et son accordéon, célèbre dans ses paroles la frivolité et une vision plutôt légère de la vie, ce qui délecte les étudiants bourrés. Tous dansent et chantent par coeur, même certains étudiants étrangers venus se confronter à la réalité de la réputation.
On les laisse sur la grande scène pour ne pas manquer une miette du show de Throes + The Shine, qui s’annonce fou furieux.

Throes + The Shine (Lisbonne, Porto, PT et Angola)

A peine le temps de commander une bière que Throes, trio rock, monte sur scène. Le bassiste pourrait être de n’importe quel groupe psychédélique avec sa moustache, ses cheveux longs et ses pantalons serrés. Le guitariste semble être allemand, avec son style soigné, barbe et ses cheveux blonds parfaitement taillés. Mais le batteur coupe court à toute imagination en lassant d’emblée la conversation avec sa batterie. Le praticable sous lui tremble en rythme, quel rythme. On entend les premières paroles, et les deux fauves de The Shine entrent en sautant sur la scène. Toutes guitares dehors, notre ami les rejoint dans leur danse, ce qui enlève tout doute quand à sa possible froideur germanique. Les deux chanteurs, originaires d’Angola, rappent comme ils dansent: dans tous les sens. Et on découvre ce concept improbable: l’alliance du kuduro et du rock.

Une heure passe à la vitesse du rock, et il n’y en a qu’un pour rester impassible à la folie qui s’empare de la fosse. Avant qu’ils ne repartent faire la fête ailleurs, rencontre avec le batteur de Throes et la paire de The Shine, dont le manager se chargera de faire la traduction – avec objectivité.

D’où tirez-vous autant d’énergie?
Ensemble: « Red Bull! »
Manager: « Ils disent ça parce que c’est leur sponsort. »
The Shine: « Non, c’est naturel, on tire notre énergie de la scène, du public. »

C’est sur scène que vous vous êtes rencontrés d’ailleurs?
The Shine: « Oui, à un festival dans le nord, on a vu Throes sur scène, et on a tout de suite voulu faire quelque chose avec eux. La batterie et la guitare sonnait vraiment très rock, mais avec un super groove, et on a vraiment pensé que ça pouvait vraiment coller. »

Throes, d’où vous tirez cette énergie, on pense souvent que les groupes de rock ne savent pas groover?
Throes: « Chaque fois que je vais sur scène, je donne tout, c’est comme ça que ça marche. »

Comment vous travaillez pour la création des chansons, pour mixer vos influences?
The Shine: « Quand on a trouvé cette énergie, on a su qu’on pouvait faire quelque chose, et ensuite, ça s’est fait assez naturellement, on a fait du kuduro-rock. »

Est-ce un concept pour un album seulement?
The Shine: « Ce projet n’a pas de date de péremption définie, même si on vient d’Angola, et qu’on sait qu’à un moment, on va retourner là-bas. Aussi longtemps que ça marche, on y va. Ca pourrait durer trois ans, ou dix ans. On joue beaucoup live, tant qu’on voit que les gens répondent, on continue. La première fois qu’on a joué, c’était à une heure pas facile, 6 heures de l’après-midi, et ça a très bien marché. D’ailleurs, ça a moins de sens de faire un album que de jouer live. »

Pour vous c’est quelque chose de spécial de jouer a Queima das Fitas?
The Shine: « On a répété pendant deux semaines, tous les jours (rires). Non, pour nous, c’est juste un autre concert. On a tout donné, comme les autres soirs. On joue pareil pour 30 personnes ou 500. Même si les gens sont saoûls, ils ont dansé, ils ont sauté. Et on est « straight-edge » tu sais, on ne boit pas, on ne se drogue pas. »

Invasion prévue en France avec un show à Bordeaux le 11 mai à l’Heretic Club. Préparez vos jambes.
Jusqu’au bout de la nuit.

Avec l’énergie – il est essentiel de souligner ce mot – de Throes + The Shine, nos jambes ont de quoi tenir pour le reste de la nuit.
Les DJs Ruc Golpe de Estado suivent avec un set world music du plus bel effet. Les guitares sautillantes et les cuivres pourraient être déplacés, mais sont mixés de telle façon qu’ils semblent appropriés. Ils préparent parfaitement le public à Lil Silva, jeune anglais qui choisit ce soir de faire un DJ set, avec les disques des autres plutôt que de mettre les siens.

La fosse est pleine quand entre João de Almeida, prêt à en découdre avec son prédécesseur. Il arbore un bandeau dans les cheveux, comme un cherokee partant pour la guerre des étoiles. Ce prodige local, ultra productif, est l’auteur de merveilleuses pépites électroniques dans ses projets Elite Athlete et The Love Making Of. Comme les autres DJ cette semaine, il anime de nombreuses émissions de la radio productrice de la scène, partageant avec d’autres la programmation des shows de musiques électroniques.

En cette matière, la scène Palco RUC réussit ce soir-là à battre sur leur terrain les « tentes David Guetta ». Le public danse jusqu’à la fin de la nuit. Vers 6 heures du matin, le jour se lève en même temps que la musique s’arrête, et une chaîne de gardes s’apprête à (re)pousser les récalcitrants en dehors de la « Praça do Canção ».

Il reste encore assez de la bonne humeur de Throes + the Shine pour aller prendre un petit déjeuner avant de rejoindre nos pénates. Les « pastelerias » (Pâtisseries) de Portagem ouvrent justement tout juste, six personnes attendent de pied ferme leurs clients matinaux. La fête est bien entendu une bonne affaire pour tous les commerces du centre ville, habituellement délaissés pour ceux des centres commerciaux à la périphérie.
Aucun plaisir comparable cependant avec la dégustation de ces douceurs sucrées ou salées. « Boa noite », ou « bom dia ».

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