Flou artistique: Loisir (2/3)

Le week-end est de retour. Pour faire fuir le blues. On est des enfants du vingtième siècle, vraiment cools. Amuse-moi, amuse-moi, amuse-moi. Ce que veulent les filles et les garçons, c’est s’évader, se faire des garçons et, ou, des filles. Allez, amuse-moi. Les rues sont comme une jungle. L’amour dans les années quatre-vingt dix est comme paranoïaque, sur les plages ensoleillées. Évite tout travail, il n’y en a pas de disponible. Compte sur tes cinq doigts. Rien n’est gâché. Je sais que tu me prends pour un idiot, mais je m’en fous. J’ai une moto qui va vite, je me prends pour une star, la nuit dans les lumières de la ville, sur une moto japonaise. Je me laisse prendre par la violence et la vitesse des courses. Je regarde la télé, respire du butane dans des sacs plastiques, mon père banquier s’en fout. Amuse-moi, chante pour moi Miss America.

leisure

Miss America rêve de devenir une star. Elle se lave avec les bons savons, comme dans les pubs, et ça lui lave aussi le cerveau. Pas besoin d’exercice, elle a toujours eu ça en elle, elle a fait des plans pour le futur. Ne t’inquiètes pas tu es faite pour être star disait toujours sa mère. Elle décroche le téléphone dans une autre maison, ne me demande pas pourquoi, elle est assise dans la douche. Elle fait un voeu. Elle devient si grande, on la voit tous les jours sur des posters, dans des magazines. Mais elle arrive toujours en retard au travail. Le plan B de Magic America ? Prendre un taxi pour le centre commercial, acheter et manger tout ce qu’elle peut, et trouver l’amour à la télé. Aller aux États-Unis et écrire des cartes postales à tous les gens qui savent lire.

Elle a acheté ces blue jeans sur Portebello Road, ne veut plus les changer, ce sont les mêmes que son idole. Elle les porte tous les jours, s’en fout pas mal, veut rester comme ça pour toujours, elle ne veut rien changer. Regarde l’Amérique ! Les répétitions ne rendent pas meilleure son interprétation de la vie. Parler dans le bruit, ça n’aide pas à améliorer la compréhension. Manger entre les repas coupe l’appétit, mais est-ce bon pour la santé ? Elle se le demande en regardant son ventre. Après des journées banales, elle met ses bottes pour aller à la Villa Rosie. La vie est plus belle, tous les soirs à la Villa Rosie. Mais il y a surtout des losers à la Villa Rosie. Sur son chemin pour le club, elle est tombée dans un trou, elle se souvient avoir vu les graffitis, elle se souvient du coucher de soleil et du ciment, que la nuit était de la couleur d’une orangeade, ça sentait la pisse et le vomi. Elle a fait une crise de panique, son coeur s’est arrêté et est reparti. Donne moi un verre. Il fait froid ici, je vais attraper la crève. Je me suis fait voler mon portable. Les gens m’ont dit, tu y vas toute seule? Je veux juste être avec toi, mon chéri. Elle est restée dans le club, pour trouver un peu de bonheur. Mets des piles dans mes jambes ! Je ne compte sur rien, je ne crois en rien.

Blur

Plus de dignité. Mets-moi un rythme rock et allons-y. Cette musique, on bouge dessus, cette musique, on danse dessus. Viens sur la scène pop. Nous sommes tous des clones. Une fausse image d’un faux monde. Mais viens ce soir, viens ce soir, sur la scène pop. Sûr qu’on va disparaître. Dans la drogue comme des frères et soeurs : kétamine, margarine, benelyn, textine, aspirine, donnez-nous quelque chose ce soir ; rohypnol, chloroforme, superglue, sulfates, acide, procaine, librium. Donne moi du bon temps, de la fièvre, de la salive, insère le dans mes veines, ne me quitte jamais, donne moi de l’amour. Elle sort de la ville pour fuir, elle court dans ses bras tordus. Elle perd son manque de naturel, en marchant dans l’herbe. Plus de panique. Sans façon de vivre, elle répète encore et encore. Monte sur la scène pop.

Viens avec moi, soyons ensemble, Je ne comprends pas que tu me repousses, tu sais que je ferai tout pour toi. Pourquoi on ne peut pas être ensemble ? On s’est tout dit, tu sais tout, ainsi tu devrais savoir que je ferai n’importe quoi pour toi. Déshabille-moi, il n’y a que comme ça qu’on s’amuse, même si je ne ressens plus rien. Je ne sais pas trop dire je t’aime, mais tu ne voudrais pas. Tu fais face à la vie comme tu peux. Il n’y a pas d’amour avec les sirènes, mais je suis trop fatigué pour m’en faire. Je n’ai plus de self-control et pas d’excuse, toujours la même qui perd son fil. Ce que je n’ai jamais été, je ne le serai jamais.

Est-ce que tu fais ce que tu aimes ? Non. Est-ce que tu veux vraiment ce que tu veux ? Non. Est-ce que tu as quelque chose que tu as déjà eu ? Non. Ce n’est pas le bon jour pour savoir. Est-ce que tu aimes quelqu’un que tu as déjà aimé ? Oui.

C’est mon anniversaire aujourd’hui, il n’y a personne ici, je pense à toi, et sort marcher dans le parc, regarde le ciel. Pathétique. Je me sens si petit(e). Et seul(e). Je pense à une voiture, mais vers où la conduire ? Avec qui ? Il n’y a personne.

Tu es si sûr, si sûr de toi, rien ne te touche, mais pourquoi essaies-tu encore, les choses ne changent pas. Tout ce qu’on fait ne sert à rien, parfois il faudrait juste savoir ralentir, s’arrêter, être juste soi. Et si on ralentissait juste ?

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